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samedi 6 octobre 2012

Vision assistée par ordinateur : reconnaissance faciale, de carte bancaire,

Motorola (Google) rachète l'entreprise de reconnaissance d'images faciale Viewdle. Google avait déjà racheté PittPatt en juillet 2011, un système similaire. Alors que Facebook fait marche arrière en Europe, beaucoup d'entreprises parient sur le fait qu'un jour ou l'autre, les esprits se calmeront et que ce type de techno pourra rentrer dans les moeurs.


Card.io, a été racheté par PayPal/eBay en juillet. L'application permet de payer en scannant sa carte bleue..

 


Moodstocks, entreprise française fondée en 2008, a mis au point un système de reconnaissance d’images pour smartphone, qui nécessite l'indexation préalable des contenus à reconnaître dans une base de données.


Rappelons que l'ont peut distinguer les systèmes de "Vision Assistée par Ordinateur" (à l'heure où les smartphones sont bien plus puissants que les ordinateurs d'il y a à peine 4 ans), suivant qu'il s'agit de systèmes basés sur le contenu ou de systèmes de codes graphiques : 


Les enjeux sont totalement différents...

jeudi 6 janvier 2011

Mobile Apps et privacy ne font pas (du tout) bon ménage

Les spécialistes du marketing suivent les utilisateurs de smartphones à travers leur "apps". Certaines applications permettent de recueillir bon nombre de renseignements comme l'emplacement géographique, l'identifiant du téléphone ou encore des détails personnels comme l'âge ou le sexe. Le Wall Street Journal a récemment analysé les données collectées et partagées par 101 applications populaires sur l'iPhone et les téléphones Android et propose d'explorer les données recueillies à travers une application web. 


Deux applications de scan de codes graphiques, Bahntech sur iPhone et Barcode Reader sur Android ont été testées. L'étude du WSJ conclut que Bahntech envoie des informations sur l'identifiant du téléphone (IMEI), et celle de Barcode Reader sur la localisation. Or si l'information à propos de Bahntech (iPhone) n'a pas suscité de réactions, celle sur Barcode Reader (Android) s'est vue largement commentée par les développeurs de l'application, qui, rappelons-le, est open source : Zxing. 

Sean Owen nous explique ainsi que Barcode Reader n'envoie aucune information de localisation à Google et que l'étude du WSJ est erronée...

En fait, lorsque l'on scanne un code à barre (EAN/UPC, ISBN etc.), l'application Barcode Reader reconnait que c'est un produit dont la nomenclature du code est normée, et propose ainsi d'accéder à des contenus à partir d'autres applications (Recherche de livre si l'on scanne un livre, Google Shopper si l'on scanne un produit de grande conso, une canette de Perrier, comme pour cet exemple) :


Et effectivement, Google Shopper doit envoyer des informations sur la localisation de l'utilisateur (et peut être d'autres, je ne sais pas).

On se rend compte combien la privacy devient (déjà) un inextricable bordel sur portable : En soi, Barcode Reader n'envoie aucune information. "The app collects zero information. I don’t have a server to stash your info. I don’t care what your bookmarks are or what your aunt’s phone number is!". Mais si à partir de l'application Barcode Reader, on accède à l'application Google Shopper, là, des informations sont envoyées. Comment l'utilisateur est-il prévenu ? La notification à l'utilisateur incombe-t-elle à Barcode Scanner, qui est l'application utilisée en premier, ou à Google Shopper ?

Lorsque l'on télécharge une application Android pour la première fois, les données utilisées sont toujours indiquées. Par exemple pour l'application Tumblr :


Mais une fois l'application installée, il n'est plus possible d'en analyser le comportement.

C'est en partant de ce constat que Taintdroid a été developpé par une équipe de chercheurs provenant d'Intel Labs, Penn State, et Duke University et supporté par la U.S. National Science Foundation. 

Taintdroid est un système de monitoring en temps réel qui affiche dans la barre de notification quelles données sont utilisées et leur destination :




Une première enquête menée en 2010 portait sur les 50 applications gratuites les plus populaires dans chaque catégorie de l'Android Market, soit 1100 applications au total. 358 nécessitaient une connexion à l'Internet ainsi qu'un accès à la localisation, l'appareil photo ou d'autres données. Parmi ces 358 applications, 30 ont été choisies de manière aléatoire tout en représentant toutes les catégories de l'Android Market.

Et les nominés furent :

The Weather Channel (News & Weather); Cestos, Solitaire (Game); Movies (Entertainment);
Babble (Social); Manga Browser (Comics), Bump, Wertago (Social); Antivirus (Communication); ABC — Animals, Traffic Jam, Hearts, Blackjack, (Games); Horoscope (Lifestyle); Yellow Pages (Reference); 3001 Wisdom Quotes Lite, Dastelefonbuch, Astrid (Productivity), BBC News Live Stream (News & Weather); Ringtones (Entertainment), Layar (Lifestyle); Knocking (Social); Coupons (Shopping); Trapster (Travel); Spongebob Slide (Game); ProBasketBall (Sports); MySpace (Social); Barcode Scanner, ixMAT (Shopping); Evernote (Productivity).

Sur ces 30 applications, 20 ont été épinglées... (clic sur l'image) :



L'étude précise bien qu'il s'agissait d'analyser le comportement des applications tout en prenant compte l'accord explicite ou implicite de l'utilisateur. Les applications pointées du doigt sont celles qui envoient des informations à l'insu de l'utilisateur, sans jamais l'avoir prévenu, soit 2 applications sur 3...

mardi 4 janvier 2011

Du profilage marketing sous couvert de "protection de son compte" sur Facebook

Récemment, une annonce sur Facebook a attiré mon attention :


Sur ce pavé (entouré en rouge), dont on ne sait s'il est une publicité, si l'annonce provient d'un tiers ou de Facebook, il m'est indiqué que "l'état de protection de mon compte est très faible" :


Un lien me propose "d'augmenter le niveau de protection de mon compte" :


Sans toujours savoir s'il s'agit d'une application tierce ou d'une recommandation de Facebook, une boite de dialogue m'informe que, pour obtenir un niveau de protection élevé, je peux accomplir les trois actions suivantes : 
- ajouter une seconde adresse électronique
- confirmer mon numéro de mobile
- actualiser la réponse d'une question de sécurité

L'étape n°1 consiste donc à fournir à Facebook une deuxième adresse électronique : 


Selon eux, cela protège mon compte si je ne peux plus accéder à mon adresse électronique principale. Il se peut également que ce type d'information serve à rapprocher des comptes facebook dont l'adresse mail serait différente mais dont les auteurs ne feraient finalement qu'un.

L'étape 2 consiste à fournir un numéro de mobile :


et même s'inscrire à Facebook Mobile, toujours parce que le niveau de protection de mon compte est "très faible"...

Enfin, la troisième étape consiste à choisir et répondre à une question de sécurité :

Je vous laisse le soin de les lire :
- quel était le nom de famille de votre maîtresse de CP ?
- dans quelle ville votre mère est-elle née ?
- quels sont les cinq caractères de votre permis de conduire ?
- dans quelle rue habitiez-vous quand vous aviez 8 ans ?

Le propre de ce type de question est d'être particulièrement personnelle ; si les gens répondent à ce type de question, il est probable que les réponses qu'ils donnent soient exactes (quel intérêt de répondre à une question dont nous ne nous souviendrions plus de la réponse - autant ne pas répondre).


Si l'on résume, en trois étapes, et sous couvert de "protection de mon compte", Facebook a pu rapprocher deux emails, voire plus, avec un numéro de téléphone portable. Pour un réseau social, la valeur est dans la donnée personnelle. Plus elle est "riche" et surtout "certifiée", plus ces données permettront d'affiner le profil marketing de ses membres.

Avec ce petit programme, positionné comme une publicité sur sa page, Facebook continue de qualifier une base de donnée qu'il peine à monétiser à la hauteur de ses ambitions. Lorsque Jean-Nicolas Reyt s'est livré en juillet 2010 à un petit calcul portant sur les chiffres publiés par Facebook, il n'a pu que relever un certain nombre d'incohérences (par exemple, Facebook prétend avoir 1.6 millions de membres résidant à Oslo. Le hic? La capitale Norvégienne ne compte que 600.000 personnes). En Ile-de-France, nous serions 92% à utiliser Facebook...ou encore, un article de Zdnet nous apprend que "la ville de Bordeaux qui recense une population de 250 000 habitants hébergerait 400 000 membres". En fait, Facebook utiliserait les données fournies par les opérateurs pour la base RIPE (registre régional d'adresses IP) qui tient compte de la localisation du concentrateur ADSL et non de la position de l'internaute. 


Peut être que Facebook passe ainsi de l'identification de ses membres à leur authentification : dédoublonner les comptes, rattacher plusieurs mails à un profil principal, affilier plusieurs profils à un même numéro de téléphone portable etc. Les 500 millions de membres actifs dans le monde annoncés en juillet 2010 par le réseau social pourraient s'avérer être un chiffre un peu beaucoup gonflé. Publicité oblige..

Ce qui m'embête, c'est que cette qualification marketing est présentée comme un moyen de "protéger son compte", "de m'offrir une meilleure sécurité" et que l'incitation à mettre à jour ces informations est fortement recommandée puisque mon compte bénéficie d'une "protection globale très faible".

Tous les grands acteurs du web se mettent en ordre de bataille pour s'affronter sur le terrain de la prochaine bulle : la publicité locale et comportementale. Facebook vient de lever 1,5 milliards de dollars auprès de Goldman & Sachs et Digital Sky Technologies, valorisant la société 50 milliards de $ alors qu'aux Etats-Unis, à l'occasion d'une réunion d'une commission sénatoriale sur la vie privée en ligne, le président de la FTC, Jon Leibowitz déclarait "Nous avons le devoir de demander si les millions d'américains comprennent bien quelles informations sont récoltées à leur sujet et si oui ou non ils ont la possibilité de stopper certaines pratiques". (source)

En attendant, la récolte continue, par n'importe quel moyen, et la meilleure manière de collecter des infos personnelles sur quelqu'un reste toujours celle de directement les lui demander...

mardi 5 janvier 2010

I-nigma pour Iphone : bluffant, mais...

Sur Apple, j'effectue de temps en temps quelques tests de scan de code-barre sur un Iphone 2G en wifi et le moins que l'on puisse dire, c'est que le premier Iphone intègre un appareil photo de piètre qualité. A ma connaissance, le seul lecteur de code-barre sur Iphone en mode vidéo (c'est à dire sans avoir à centrer la caméra sur le code-barre et appuyer sur un bouton) était Quickmark en version payante à 0,79e. Quickmark proposait également une application "lite", mais sans le mode vidéo. Or aujourd'hui, Quickmark lite n'est plus disponible sur l'AppStore.

En revanche, i-nigma (3G Vision) a non seulement réussi à développer un lecteur de code-barre en mode vidéo qui fonctionne sur iphone 2G (donc sans autofocus), mais en plus cette application est gratuite. Le résultat est enfin à la hauteur d'un Iphone, qui passait pour un terminal de la préhistoire dans le domaine de la reconnaissance optique et des codes-barres (le mode vidéo existe sur Symbian et en Java depuis 2005).

Un bémol cependant...

Je n'en parle pas beaucoup sur ce blog, mais je m'intéresse de près au concept de protection des données personnelles sur Internet à propos desquels j'ai pu écrire quelques articles dans la Revue Européenne des Médias ici ou là. Je parle de concept, car la privacy en est encore à ce stade aujourd'hui, et que l'Internet sur un téléphone portable complexifie encore plus les débats. Et comme certains modèles économiques sont intimement liés à l'exploitation des données de tracking, peu d'entreprises en parlent, préférant surfer sur la vague de la nouveauté.

Grâce à des tests effectués avec Mobilead, nous avions pu observer que Quickmark était l'un des rares à respecter les connexions directes, c'est à dire que le flux de données entre l'URL décryptée localement dans le code 2D et la ressource sollicitée ne passait pas par les serveurs de l'entreprise éditrice du logiciel. La connexion était non-orientée. Or I-nigma, dont le modèle est différent, est particulièrement silencieux quant à l'utilisation des données personnelles. Preuve en est, il n'y a même pas de conditions générales d'utilisation dans l'application, vous savez, ces kilomètres de textes que personne ne lit car c'est un peu le but de toute façon...

Mais bon... si vous souhaitez un logiciel de lecture de code 2D fonctionnel et que vous n'êtes pas trop regardant sur la privacy, je ne peux que vous recommander de télécharger i-nigma ; c'est actuellement le lecteur de code-barre qui propose le meilleur confort d'utilisation sur Iphone.

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